Ange Postecoglou n'est pas du genre à mâcher ses mots. Il a toujours été direct, et son récent rappel de son licenciement à Nottingham Forest ne fait pas exception. "Brutal", l'a-t-il qualifié, et honnêtement, qui pourrait le contredire ? Se faire virer 18 minutes après le coup de sifflet final ? Ce n'est pas seulement rapide ; c'est pratiquement un passage éclair.
Il a été nommé le 1er juin 2014, prenant les rênes d'un club qui venait de terminer 11e du Championship sous Billy Davies. Forest avait des ambitions, et Postecoglou, fraîchement auréolé de ses victoires en A-League Grand Final avec Brisbane Roar en 2011 et 2012, semblait être une nomination astucieuse, bien qu'inhabituelle. Sa mission était claire : ramener Forest en Premier League, ou du moins le faire concourir pour la promotion. Il est arrivé dans un club avec une base de fans passionnée, mais aussi une histoire d'instabilité managériale. Steve McClaren, Sean O'Driscoll, Alex McLeish – le tourniquet au City Ground tournait déjà à plein régime.
Le mandat de Postecoglou fut bref, c'est le moins qu'on puisse dire. Son premier match compétitif fut une victoire 1-0 contre Blackpool le 9 août 2014, avec Michail Antonio marquant le seul but. L'équipe a montré des éclairs, un écrasement 4-0 de Reading le 19 août 2014 étant un moment fort où Britt Assombalonga a inscrit un doublé. Ils pratiquaient un football offensif, le genre pour lequel les équipes de Postecoglou sont connues. Forest était cinquième du Championship le 20 septembre 2014, après un match nul 0-0 âprement disputé contre Derby County. Pas mal pour un nouvel entraîneur qui mettait encore ses idées en place. Le vrai problème a commencé après cela. Une série de quatre défaites consécutives, dont une défaite à domicile 3-1 contre Fulham le 18 octobre 2014, les a fait chuter au classement.
Son dernier match en tant qu'entraîneur fut une défaite 3-0 contre Charlton Athletic le 25 octobre 2014. Le score était lourd, mais cela ressemblait plus à l'aboutissement de quelques mauvaises semaines qu'à un effondrement soudain. Seulement 18 minutes après le coup de sifflet final à The Valley, la décision fut prise. Pas de longues conversations, pas de discussions interminables. Juste un coup rapide et décisif. Il a duré 18 matchs, n'en gagnant que six, faisant cinq nuls et perdant sept. C'est un métier difficile, mais ce genre de renvoi immédiat suggère un manque de confiance qui existait probablement bien avant ce match de Charlton. Le club avait déjà dépensé 5,5 millions de livres sterling pour des joueurs comme Assombalonga et Antonio cet été-là, donc les attentes étaient élevées.
Voici le problème : l'impatience de Forest a toujours été sa perte. Ils ont eu dix entraîneurs en cinq ans avant l'arrivée de Postecoglou. Dougie Freedman, Paul Williams, Philippe Montanier, Mark Warburton – la liste est interminable. Donner à un entraîneur moins de trois mois pour mettre en œuvre une philosophie, surtout une aussi distincte que celle de Postecoglou, est une faute professionnelle managériale. Il avait besoin de temps. Il ne l'a jamais eu. Regardez son succès ultérieur : deux championnats d'A-League, une Coupe d'Asie de l'AFC avec l'Australie, un titre de J1 League avec Yokohama F. Marinos, et un doublé Premiership et Coupe d'Écosse avec le Celtic. C'est un gagnant avéré, mais Forest n'a pas eu la patience de le laisser le prouver au City Ground.
Mon avis tranché ? Forest aurait été un pilier de la Premier League pendant des années s'ils avaient juste gardé Postecoglou. Son style, avec le temps de s'épanouir, aurait captivé les fidèles du City Ground et construit quelque chose de durable. Au lieu de cela, ils ont opté pour le même vieux manège.
Je prédis que Postecoglou finira par entraîner dans l'une des cinq meilleures ligues européennes, et quand il le fera, il remportera des trophées dans les trois saisons.