Les confettis des célébrations du Scudetto 2024-25 ont à peine été balayés...
Vous vous souvenez de ces premiers jours ? L'étiquette "Pazza Inter" était trop proche pour être confortable. Il y a eu des moments où l'équipe semblait imbattable, puis des effondrements inexplicables contre des adversaires plus faibles. Pensez à la défaite 2-1 contre Bologne en avril 2022 qui a effectivement donné le titre à l'AC Milan. Inzaghi a appris de cela, endurci par ces coups. Il a resserré les boulons, trouvé un équilibre défensif qui permettait toujours un football offensif à couper le souffle. Le passage à un système 3-5-2 plus pragmatique, mais toujours puissant, se transformant souvent en 5-3-2 sans le ballon, a été important. Il ne se fie plus seulement au génie individuel ; il a construit un véritable *système*, où chaque joueur connaît son rôle et l'exécute avec précision. La campagne 2024-25 les a vus concéder seulement 20 buts en 38 matchs de championnat, une nette amélioration par rapport aux 33 qu'ils avaient encaissés lors de la saison 2022-23.
Voici le problème : on ne peut pas parler de l'Inter sans commencer par Lautaro Martinez. "El Toro" n'est pas seulement un capitaine ; il est le cœur battant de cette équipe. Après avoir marqué 24 buts en championnat en 2023-24 et 28 en 2024-25, il est au sommet de sa carrière. Son jeu de liaison avec Marcus Thuram a atteint des niveaux télépathiques. Thuram, après son transfert gratuit de Gladbach, a fait taire tous les sceptiques, délivrant 19 buts et 11 passes décisives lors de sa deuxième saison en Serie A. Leur partenariat ne se limite pas aux buts ; il s'agit de mouvement constant, d'étirer les défenses et de créer de l'espace pour Nicolò Barella et Hakan Çalhanoğlu.
Barella, d'ailleurs, est tout simplement irremplaçable. Il couvre chaque brin d'herbe, gagne des tacles, avance avec le ballon et déclenche occasionnellement un tir puissant de l'extérieur de la surface – comme son égalisation cruciale contre la Juventus en mars 2025, qui a maintenu l'Inter à cinq points d'avance en tête. C'est le moteur, l'esprit et le joueur que l'on veut dans les tranchées. Son énergie permet à Çalhanoğlu de dicter le jeu depuis l'arrière, tirant les ficelles avec sa superbe gamme de passes. Le trio du milieu de terrain, souvent complété par Henrikh Mkhitaryan ou Davide Frattesi, est sans doute le meilleur d'Europe.
Mais le plus grand défi pour 2025-26 ? Gérer une double campagne. L'Inter a atteint les demi-finales de la Ligue des Champions en 2024-25 avant de s'incliner face à Manchester City 3-2 sur l'ensemble des deux matchs. Bien que ce fût un bon parcours, le conseil d'administration et les supporters en attendent plus. Ils veulent voir la *deuxième* étoile au-dessus de l'écusson, un trophée de la Ligue des Champions pour accompagner la domination nationale. Cela signifie des parcours plus profonds en Europe, ce qui met intrinsèquement plus de pression sur l'effectif, en particulier les joueurs plus âgés. Mkhitaryan, malgré tout son talent, aura 36 ans à la fin de la saison. Francesco Acerbi, toujours un roc en défense, aura 38 ans.
Cela nous amène à la profondeur de l'effectif. C'est là que l'Inter pourrait flancher. Bien que le onze de départ soit formidable, des blessures de joueurs clés comme Barella ou Martinez pourraient exposer leurs options limitées. Carlos Augusto a admirablement remplacé au poste de latéral gauche, mais peut-il être performant de manière constante si Alessandro Bastoni ou Federico Dimarco sont absents pendant de longues périodes ? Tajon Buchanan et Kristjan Asllani ont montré des éclairs, mais ils ne sont pas encore au niveau pour remplacer facilement les titulaires lors des matchs à enjeux élevés de la Ligue des Champions. L'acquisition de 30 millions d'euros d'Albert Gudmundsson de Gênes à l'été 2025 a ajouté une touche offensive et une polyvalence, offrant une couverture indispensable pour Thuram et Martinez. Cependant, un autre défenseur central fiable pour tourner avec Acerbi et Stefan de Vrij semble essentiel. Yann Bisseck est prometteur, mais encore brut.
Mon avis tranché ? L'Inter remportera à nouveau la Serie A, mais ne dépassera pas les quarts de finale de la Ligue des Champions. La constance nationale est trop forte, le système trop ancré. Cependant, le rythme effréné de deux compétitions d'élite, couplé à des blessures mineures inévitables, exposera la légère baisse de qualité entre leur onze de départ et leurs options de rotation en Europe.
Prédiction audacieuse : Lautaro Martinez marquera plus de 30 buts toutes compétitions confondues, mais l'Inter s'écroulera en quarts de finale de la Ligue des Champions après une décision controversée de la VAR contre eux au match retour.

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