Publié le 2026-03-17
Le ballon frappe le fond des filets, la foule exulte, et puis… un doigt à l'oreille. L'arbitre, autrefois l'arbitre incontesté du terrain, semble maintenant commander un café. La VAR, ou assistance vidéo à l'arbitrage, est devenue l'innovation la plus débattue, la plus décriée et parfois la plus louée du football moderne. Mais que se passe-t-il exactement dans cette pièce faiblement éclairée, et pourquoi les décisions semblent-elles prendre plus de temps qu'une séance de tirs au but ?
À la base, la VAR est un système de communication, pas une boule magique. En Premier League, par exemple, un VAR dédié et un VAR assistant (AVAR) sont assis dans une pièce à Stockley Park, à des kilomètres du stade. Ils ont accès à tous les angles de caméra de diffusion – généralement 12 à 18 caméras, parfois plus pour les matchs de haut niveau – et à un système de relecture spécialisé.
Lorsqu'un but est marqué, un penalty accordé (ou non), un carton rouge montré ou une erreur d'identité se produit, l'équipe VAR examine déjà les images. Leur travail n'est pas de ré-arbitrer le match, mais d'identifier les "erreurs claires et évidentes" ou les "incidents graves manqués". C'est le premier point de discorde : qu'est-ce qui constitue une "erreur claire et évidente" ? C'est subjectif, et cette subjectivité est souvent la source de la frustration.
Le système VAR leur permet de rembobiner, d'avancer rapidement et de figer les images. Ils peuvent zoomer, utiliser le ralenti et même superposer des lignes pour les appels de hors-jeu – une technologie qui, malgré sa précision, parvient toujours à susciter l'indignation. Ils sont en communication constante avec l'arbitre sur le terrain via un casque, lui transmettant des informations.
C'est là que la perte de temps se produit souvent. Il y a trois principaux résultats d'une vérification VAR. Le VAR peut informer discrètement l'arbitre qu'il n'y a pas d'erreur claire, et le jeu continue. C'est le scénario le plus courant, se produisant des centaines de fois par saison sans que personne ne le remarque. Ou, le VAR peut recommander un "examen sur le terrain" (OFR), où l'arbitre se rend à un moniteur sur le bord du terrain pour regarder la relecture lui-même.
Cet OFR est le visage public de la VAR, et c'est un tueur de temps. L'arbitre doit examiner plusieurs angles, demandant souvent à l'opérateur VAR des rediffusions spécifiques. Ce n'est pas un coup d'œil rapide ; c'est un réexamen délibéré sous pression. Pensez au match Manchester United contre Brighton en novembre 2023, où une décision de penalty a pris plus de trois minutes à Stuart Attwell pour être examinée sur le moniteur, annulant finalement sa décision initiale. Ce sont trois minutes de silence, de fans anxieux et de joueurs qui se refroidissent.
Enfin, dans de rares cas, le VAR peut recommander un "examen VAR uniquement" pour des décisions purement factuelles, comme savoir si une faute s'est produite à l'intérieur ou à l'extérieur de la surface de réparation. Même celles-ci peuvent prendre du temps car plusieurs angles sont recoupés.
La technologie elle-même est sophistiquée, mais l'application est là où se trouvent les défauts. Il ne s'agit pas seulement d'obtenir le bon angle ; il s'agit de l'interprétation des lois du jeu par un être humain sous un examen immense. Prenez le but infâme de Luis Diaz refusé pour Liverpool contre Tottenham en septembre 2023. Le VAR, Darren England, a cru à tort que la décision sur le terrain était "pas de but" et a donc dit à l'arbitre de reprendre le jeu, plutôt que de conseiller un examen pour un hors-jeu clair. Ce n'était pas une défaillance technologique ; c'était une erreur humaine catastrophique, entraînant des excuses publiques de la PGMOL.
Un autre facteur contribuant aux longs retards est le volume considérable de vérifications. Lors de la saison 2022-23 de Premier League, il y a eu 107 annulations de décisions par la VAR. Chacune d'entre elles a nécessité un processus d'examen complet. Multipliez cela par les centaines de "vérifications silencieuses" et vous commencez à comprendre la charge de travail. Le système est conçu pour la minutie, pas pour la vitesse.
En fin de compte, la VAR ne va nulle part. Mais tant que nous n'accepterons pas que l'erreur humaine fera toujours partie de l'équation, quel que soit le nombre de caméras pointées sur le terrain, le sifflet fantôme continuera de hanter nos samedis. Mon avis ? La solution n'est pas plus de technologie, mais moins. Donnez à l'arbitre un seul angle de relecture, et prenez la décision en 30 secondes. Si ce n'est pas clair à ce moment-là, ce n'est pas "clair et évident".