Ange Postecoglou, désormais un pilier de la Premier League avec Tottenham, garde encore la blessure de son bref et brutal licenciement de Nottingham Forest. Son mandat au City Ground en 2017 n'a duré que 18 minutes après son dernier match, une défaite 2-1 contre Burton Albion. Ce renvoi rapide, survenu après seulement 11 matchs, a mis en lumière un club alors réputé pour la gâchette facile de ses propriétaires.
La décision de Forest de licencier Postecoglou le 19 septembre 2017, après cette défaite qui les laissait à la 13e place du classement du Championship, était déjà déconcertante à l'époque. Il avait un bilan de trois victoires, trois nuls et cinq défaites. Bien que pas spectaculaire, cela ne criait pas "urgence". Comparez cela à la porte tournante du club par la suite : Mark Warburton a pris la relève, a duré jusqu'en décembre, puis Aitor Karanka, Martin O'Neill, Sabri Lamouchi, Chris Hughton, Steve Cooper, et maintenant Nuno Espírito Santo. Cela fait huit managers en sept ans depuis le départ de Postecoglou. La stabilité ? Forest ne la reconnaîtrait pas même si elle portait un maillot rouge et marquait un triplé.
Postecoglou a raconté la scène : une réunion d'après-match, une poignée de main rapide, et puis, "C'est tout, mon ami, c'est fini." Pas de longue discussion, pas d'explication détaillée. Juste une fin rapide et froide. Il n'avait signé un contrat de deux ans qu'en mai 2017, étant arrivé avec une solide réputation de son passage avec l'équipe nationale australienne, les ayant menés au titre de la Coupe d'Asie de l'AFC en 2015. Son bilan de 50 matchs avec les Socceroos comprenait 22 victoires, 11 nuls et 17 défaites, soit un respectable taux de victoire de 44%. Forest a vu le potentiel, puis a paniqué.
Voici le problème : les clubs prennent souvent des décisions hâtives, mais Forest à cette époque en a fait un art. La durée moyenne d'un mandat de manager en Championship est déjà courte, environ 1,5 an, mais Forest a constamment établi de nouveaux records. Les 11 matchs de Postecoglou étaient moins que même certains intérims. Cela témoigne d'une impatience profondément enracinée qui imprégnait la hiérarchie du club. Ils attendaient des miracles immédiats, pas une reconstruction.
Écoutez, il est facile de dire maintenant que se faire virer de Forest a été la meilleure chose qui soit arrivée à Postecoglou. Il a ensuite dominé au Japon avec Yokohama F. Marinos, remportant la J1 League en 2019. Puis est venu le Celtic, où il a remporté deux titres de Scottish Premiership, une Scottish Cup et deux Scottish League Cups en seulement deux saisons. Son pourcentage de victoires au Celtic était un impressionnant 72,3 % sur 113 matchs. Maintenant, il est à Tottenham, transformant leur style de jeu et se battant pour les places européennes.
Mais à l'époque, ce licenciement de Forest a été un coup de poing. Cela vous fait vous demander combien d'autres managers prometteurs sont broyés et recrachés par des propriétaires impatients, sans jamais avoir une seconde chance. Mon avis ? Les propriétaires de Forest à l'époque ont rendu un immense service à Postecoglou, non pas intentionnellement, mais en le poussant vers des environnements où ses méthodes étaient vraiment valorisées et où on lui a donné le temps de s'épanouir. Il n'aurait jamais obtenu cela au City Ground à l'époque.
Même avec le statut de Premier League, Forest peine toujours à trouver de la constance. Nuno Espírito Santo, leur manager actuel, a pris ses fonctions en décembre 2023. Il est le 13e manager permanent depuis le départ de Postecoglou. Le club a dépensé plus de 150 millions de livres sterling en transferts lors de la saison 2022-23 et 100 millions de livres sterling supplémentaires en 2023-24, pourtant ils se retrouvent souvent à lutter contre la relégation. C'est un cycle de dépenses importantes et de changements rapides.
L'histoire de Postecoglou est un rappel frappant que parfois, les revers les plus brutaux peuvent ouvrir la voie à un succès extraordinaire. Il est retombé sur ses pieds, et bien plus encore. Je prédis que d'ici les cinq prochaines années, Ange Postecoglou mènera une équipe de Premier League à un trophée majeur, un exploit dont Forest rêve encore.